Lutte aux espèces végétales envahissantes

À Terrebonne, comme dans de nombreuses municipalités, nous sommes confrontés à plusieurs espèces végétales exotiques envahissantes. Ces espèces sont très résilientes et ont une croissance rapide. Bien souvent, elles prennent la place d’autres végétaux présents sur un territoire, mais non adaptés pour lutter contre ces envahisseurs. La propagation des espèces exotiques envahissantes constitue donc une réelle menace pour l’environnement et la biodiversité.


Plantes exotiques envahissantes

Une plante exotique envahissante est une plante qui n’est pas originaire d’ici et qui possède la capacité à envahir un milieu rapidement et empêcher les espèces québécoises de s’épanouir. Elles deviennent alors très difficiles à éradiquer et résistent à de nombreux traitements. Elles représentent donc un danger pour la biodiversité locale mais aussi un ennemi à l’intérieur de votre cours.

Pour protéger la biodiversité, voici quelques conseils :

  • Savoir les reconnaître
  • Déclarer leur présence au bureau du citoyen et sur la plateforme provinciale « Sentinelle »
  • Les mettre au bac à ordure, dans un sac noir et épais.
  • Ne surtout pas les composter. En effet, ces plantes ont la capacité de résister à de nombreux traitement, notamment à la chaleur. Elles se retrouveraient alors dans la terre compostée et envahiraient de nouveaux espaces.
  • Favoriser les plantes d’ici en demandant conseil à votre pépinière.

Voici 5 plantes exotiques envahissantes à reconnaître.

Renouée du japon

Cette redoutable plante envahissante se multiplie de toutes les façons. Un simple fragment de tige ou de racine permet à un individu de repousser et de former une nouvelle colonie. Elle est si envahissante et difficile à éradiquer que certains citoyens en perdent le contrôle de leurs terrains et ne peuvent plus vendre leurs maisons.

Roseau commun

Cette plante pousse en peuplements très denses pouvant atteindre 200 tiges au mètre carré avec une hauteur allant parfois jusqu’à 5 mètres. Tout comme la renouée du Japon, elle est capable de créer une colonie à partir d’un petit bout de racine et de se multiplier par clonage.

Nerprun bourdaine et cathartique

Véritable bombe à retardement, les graines du nerprun conquièrent de plus en plus de milieux grâce aux humains et aux oiseaux. Attendant paisiblement dans le sol la moindre luminosité pour donner naissance rapidement à une forêt de nerprun qui ne laissera pousser presque aucune autre espèce.

Alliaire officinale

Un seul plant peut contenir plusieurs milliers de graines qui peuvent demeurer en dormance jusqu’à 30 ans dans le sol. C’est ainsi que l’allaire colonise rapidement les milieux. Compte tenu de cette grande viabilité, il vaut mieux qu’elle ne se retrouve pas dans votre futur terreau.

L’érable de Norvège

Arbre ornemental par excellence, il est, malheureusement, un compétiteur de nos érables indigènes et de la flore qui l’entoure. Produisant une grosse quantité de graines qui va germer rapidement, il crée des peuplements denses. De plus, ses feuilles dégagent des toxines qui, une fois dans le sol, détruise le microbiome essentiel à la croissance des autres espèces à proximité.


Programme de lutte au nerprun

Depuis 2022, nous avons débuté à Terrebonne la lutte intégrée au nerprun cathartique et au nerprun bourdaine, deux espèces végétales exotiques envahissantes très présentes sur notre territoire, notamment dans le Corridor de biodiversité. Au cours des prochaines années, vous pourrez d’ailleurs observer certaines zones en opération de contrôle, de traitement ou de restauration.

Qu’est-ce que le nerprun?

Voici quelques particularités démontrant que les nerpruns sont des végétaux envahissants :

  • Le nombre de graines d’un plant de nerprun qui sont susceptibles de germer est très élevé.
  • Les oiseaux frugivores répandent très facilement les semences de nerprun.
  • La production de fruits peut commencer dès la deuxième année de croissance d’une nouvelle pousse.
  • Leur système racinaire est extrêmement compétitif et un petit plant a déjà un imposant réseau de racines prêtes à créer un nouveau plant si le premier est coupé.
  • Les nerpruns cathartiques libèrent des substances qui empêchent la croissance d’autres végétaux.
nerprun bourdaine

Que faisons-nous pour enrayer les nerpruns à Terrebonne?

Les nerpruns sont des espèces extrêmement résilientes et elles ne sont pas broutées naturellement par les rongeurs ou les cervidés. Elles sont donc très difficiles à combattre. Peu de solutions s’offrent donc pour lutter contre cette menace à notre biodiversité.

Dans les zones visées à Terrebonne, les tiges de moins de 1 cm de diamètre sont arrachées manuellement tandis que celles de plus gros diamètres sont coupées, puis une pâte naturelle à base d’un champignon est appliquée immédiatement après la coupe. Le champignon utilisé peut alors coloniser les blessures et les souches fraîchement coupées, puis les nerpruns meurent au cours de l’année suivant le traitement. Ces champignons n’affectent pas du tout les autres végétaux présents et ils ne sont pas dangereux pour les êtres vivants.

Enfin, une plantation dense d’arbres et arbustes de différentes essences vient compléter le cycle de traitement dans les zones qui étaient densément infestées. Cette dernière étape permet d’éviter que d’autres espèces de végétaux non désirées viennent envahir ces espaces.

Sur le terrain, dans les zones en traitement, vous apercevrez des affiches comme celles-ci.